Des chocolats atomiques explosent à Raleigh

January 16, 2018

Comme si la ville de Raleigh manquait de bons artisans chocolatiers ! Pourtant, Avenue des Chocolats et sa créatrice Gabriela, jeune femme audacieuse au parcours personnel franchement original, a osé venir concurrencer sur leurs terres les déjà réputés Escazu et Videri.

 

L’Alliance française a de la chance : en février, juste avant la Saint-Valentin, Gabriela animera un « atelier chocolat » pour les amateurs de douceurs noires. Elle transmettra ses techniques de base pour nous permettre de fabriquer à la maison ce qu’elle appelle des « bonbons », qu’en France on nomme aussi « crottes », ou « bouchées ». On repartira avec des « mendiants » confectionnés de nos propres mains. Mais l’artiste, qui connaît tout de l’histoire de la fève de cacao et de ses transformations, ne se contentera pas de dispenser des recettes : elle partagera une vraie passion.

 

On peut raconter Gabriela et sa petite entreprise en commençant par décrire ses bonbons, dont elle dit qu’ils sont « de style européen ». Elle fabrique la ganache du centre à partir de chocolat, bien sûr, de crème fraiche ou de beurre, et d’une infinité de produits parfumés naturels - fruits, fleurs, herbes, essences essentielles -, qu’elle déniche localement sur les marchés ou ailleurs dans le monde.

 

Ses créations sont évidemment délicieuses, fines, ravissantes, et bien présentées dans de jolies boites. Ces qualités sont essentielles pour les gourmets que nous sommes, amateurs de très bon chocolat, fort capables de distinguer d’originales créations des horreurs vendues dans la grande distribution.

 

 

Mais Gabriela, c’est davantage que juste des bonbons exquis. Gabriela Miu Kropaczeck est une héroïne de la mondialisation, une polyglotte multiculturelle, une scientifique de haut niveau – elle est docteure en physique des particules, parfaitement ! -, une femme capable d’audaces et de réinventions.

 

Jugez-en… Adolescente échappée de Roumanie quelques années avant la révolution démocratique de 1989, Gabriela passe dix sept années en Suède, où elle étudie le comportement des particules élémentaires (à la base de la science atomique et de la physique quantique, pour donner une idée). PhD en poche, elle file en France où, décidément, il n’y a pas que la science dans la vie, mais aussi la mode, le cinéma, la musique et la cuisine – entre autres. Un mode de vie que les Américains aiment résumer par joie de vivre.

 

A côté de son job de consultante en financement de l’innovation technologique, elle visite en 2009 le Salon du chocolat à Paris. Ah, nous y voilà ? Non, pas tout de suite. En 2012, la jeune femme roumaine, amoureuse d’un ingénieur américain rencontré à Paris, part s’installer avec lui à Wilmington, en Caroline du Nord.

 

A ce stade, madame parle déjà quatre langues couramment, et s’est frottée à nombre de cultures différentes. Une adaptation supplémentaire ne devrait pas lui poser de problème. « Si j’étais venue directement à Raleigh, j’aurais cherché, et sans doute trouvé, un ‘vrai’ boulot. Mais à Wilmington, il n’y avait rien pour moi. J’ai dû en inventer un. »

 

Gabriela est une manuelle, qui aime réaliser des objets avec ses mains. Elle est minutieuse. Elle favorise les choses précises. C’est notamment une couturière, qui coupe et coud ses vêtements avec un grand souci du détail. « J’avais envie de créer, de voir et de toucher. » Evidemment, ses atomes et ses particules ne lui offraient guère ce genre de contact direct!

 

Elle se tâtait, donc, jusqu’à ce qu’elle tombe par hasard dans la presse sur le portrait d’une ancienne commerciale du monde de la mode qui avait tout envoyé balader pour se reconvertir avec succès dans la chocolaterie. Pour Gabriela, c’est l’illumination : elle entame aussitôt une formation professionnelle de chocolatière. C’est ce dont elle a envie depuis le fameux salon à Paris.

 

« En Europe, en France surtout, il est mal vu d’être un touche-à-tout. Si tu n’es pas spécialiste d’un seul domaine, on considère que tu ne peux pas être bon. Ce n’est pas vrai aux Etats-Unis, où les parcours multiples sont plus courants. »

 

En 2015, deux ans après avoir obtenu son diplôme de l’Ecole Chocolat, la société Avenue des Chocolats se lance à Wilmington. Sa renommée grandit très vite, ses bonbons sont vantés dans la presse et distribués dans les boutiques locales. Un an plus tard, monsieur part travailler à Raleigh. Gabriela suit, emportant ses casseroles, ses bols, ses grands sacs de pastilles de chocolat brut, ses moules et sa renommée naissante.

 

L’Alliance française ne pouvait que pactiser avec Gabriela. Le partenariat pour l’atelier chocolat du 11 février n’est qu’un début. Les créations de l’Avenue des Chocolats sont disponibles sur son site web, mais aussi à la boutique Nofo de Raleigh, et dans d’autres boutiques du Triangle.

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